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En Afrique du Sud, c’est l’inquiétude, la stupeur, voire la colère après un remaniement important du gouvernement. Le président Jacob Zuma a remercié une quinzaine de membres de son cabinet tard ce jeudi soir à l’issue d’une semaine politique tendue. Mais surtout, le chef de l’Etat se débarrasse de son détracteur, le très respecté ministre des Finances, Pravin Gordhan. Ce qui a provoqué dès ce vendredi matin une chute de la devise nationale sur les marchés.

C’est un véritable bouleversement politique. Le chef de l’Etat s’est débarrassé de son ministre des Finances, malgré l’opposition de son propre parti (l’ANC) et de ses alliés. Pravin Gordhan était devenu un ministre encombrant pour le président Zuma, s’opposant aux dérives budgétaires du gouvernement et dénonçant la corruption. Le chef de l’état – embourbé dans les scandales – a désormais les mains libres.
Ce remaniement provoque l’indignation et l’inquiétude. Les nouveaux ministres sont tous des fidèles de Zuma, dont certains, sans grande compétence. C’est notamment le cas du nouveau ministre des Finances.

De nouvelles turbulences pour Zuma

Ce matin, le vice-président du pays a qualifié d’inacceptable le renvoi de Pravin Gordhan. Le secrétaire général de l’ANC a également rejeté ce remaniement, indiquant qu’il n’émanait pas des rangs de l’ANC.

Jacob Zuma fait désormais façe à une levée de boucliers. Plus d’une centaine de personnes se sont spontanément rassemblées ce matin devant le siège du gouvernement. Le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique a saisi la justice pour tenter de bloquer l’investiture des nouveaux ministres, prévue en fin d’après midi. Quant au parti au pouvoir, il est plus que jamais divisé et au bord de l’implosion.

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