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Jacob Zuma ne démissionnera pas. Après le tollé provoqué par le limogeage du ministre des Finances Pravin Gordhan par le président et la fronde qui a suivi, y compris dans son propre parti, l’ANC calme le jeu, lors d’une conférence de presse, ce mercredi 5 avril 2017. Le secrétaire général du parti au pouvoir a apporté son soutien au chef de l’Etat. Apparemment, la contestation en interne a été reprise en main.

Le président Jacob Zuma semble à nouveau avoir survécu à la contestation au sein de son mouvement. Cela fait plusieurs jours qu’on attendait une réaction officielle de l’ANC, son parti, qui est très divisé entre pro et anti-Zuma. Jusqu’à présent, seuls quelques hauts cadres avaient exprimé leur opposition au remaniement ministériel de la semaine dernière.

Ce mercredi matin 5 avril 2017, Gwede Mantashe, le secrétaire général du parti, qui, il y a une semaine, condamnait le remaniement, expliquant que l’ANC et les alliés n’avaient pas été consultés, est rentré dans les rangs. Il a affirmé que l’ANC comprenait les raisons qui ont poussé le président à limoger son ministre des Finances, que la confiance entre les deux hommes était rompue depuis longtemps.

Défaite pour les membres de l’ANC opposés à Zuma

Il est également revenu sur les critiques publiques qui ont été formulées par lui-même et d’autres cadres de l’ANC, expliquant que c’était une erreur. Et pour finir, il a mis en garde les députés ANC qui seraient tentés de voter pour une motion de défiance contre le chef de l’Etat, motion qui a été déposée par l’opposition.

« Aucune armée n’accepte que ses soldats soient commandés par l’ennemi. Aucune armée nulle part dans le monde. Ce pour quoi nous travaillons, c’est l’unité de l’ANC. Nous nous battrons, nous travaillerons ensemble pour la maintenir. Et le président Jacob Zuma est le président de l’ANC. »

C’est donc une sacrée défaite pour les membres de l’ANC qui s’étaient opposés au chef de l’Etat. Cela veut dire que, malgré les divisions au sein de son parti, Jacob Zuma contrôle toujours le mouvement, que sa faction est majoritaire. Et cela soulève plusieurs questions. Que vont devenir ses adversaires qui se sont ouvertement opposés à lui comme Gwede Mantashe, mais surtout le vice-président Cyril Ramaphosa ? Vont-ils être écartés, marginalisés ?

Cela veut surtout dire que Ramaphosa, qui est candidat à la succession de Jacob Zuma – puisque celui-ci quitte son poste de président de l’ANC à la fin de l’année -, part grandement affaibli dans cette course face à sa rivale Nkosazana Dlamini-Zuma, qui, elle, a plus que jamais le soutien du chef de l’Etat.

Jacob Zuma semble donc avoir réussi une nouvelle fois à calmer la tempête au sein de son parti. Il devra toutefois affronter l’opposition et la société civile, déterminée à manifester ce vendredi dans les grandes villes du pays.

Source : www.rfi.fr

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