PARTAGER

A moins de six mois du verdict, Paris et Los Angeles passent un nouveau grand oral mardi à Aarhus devant les fédérations internationales alors qu’un double vote en septembre pour attribuer à la fois les JO-2024 et 2028 est plus que jamais à l’étude.

Sports d’été et d’hiver, historiques du rendez-vous olympique mais aussi petits nouveaux comme le surf ou le karaté: les grandes fédérations sportives seront toutes présentes cette semaine à Aarhus pour la convention SportAccord, grand-messe annuelle des instances où se discute en partie l’avenir du sport.

Autant de fédérations que Los Angeles et Paris tenteront de nouveau de convaincre. Car si c’est bien la centaine de membres du CIO qui éliront la ville hôte des JO-2024 le 13 septembre à Lima – si la localisation est confirmée, le Pérou devant actuellement faire à face à de dramatiques inondations – la voix des fédérations est fondamentale.

Le tout sous la présidence de Patrick Baumann, membre suisse du CIO, à la fois secrétaire général de la Fédération internationale de basketball (Fiba), président de SportAccord et président de la Commission d’évaluation…des JO-2024.

– Révision du processus d’attribution –

A la veille de cette présentation, les équipes de Paris et de Los Angeles ont rencontré d’abord le président du CIO, Thomas Bach puis les quatre vice-présidents de l’instance qui composent un groupe de travail chargé « d’examiner des options concernant le processus d’attribution ».

Clairement, ces quatre vice-présidents, dont Juan Antonio Samaranch Junior, ont pour mission de trouver un moyen de répondre au souhait de M. Bach de ne perdre en route ni Paris ni Los Angeles et donc de leur garantir soit les JO-2024 soit ceux de 2028.

« Paris apporte son soutien au CIO pour revoir le processus de désignation des villes candidates », a déclaré Mme Hidalgo, à l’issue de cette réunion.

« Nous soutenons (la révision) du processus car nous sommes partenaires du CIO », a ajouté Tony Estanguet, coprésident de la candidature parisienne.

« Nous restons ouverts à la discussion », a ajouté Estanguet, l’un des deux membres français du CIO, rappelant cependant que « Paris continue de rester concentré sur 2024 car nous pensons que Paris est le meilleur endroit pour organiser les JO-2024 », et se gardant bien de prononcer le chiffre 2028.

Un double vote ne serait pas une première: le baron Pierre de Coubertin, demandant une dernière faveur à ses pairs avant de quitter la scène après les Jeux de 1924, avait obtenu le 2 juin 1921, lors de deux votes séparés d’une heure, que la session accorde les JO-1924 à Paris et ceux de 1928 à Amsterdam. Tout en promettant les JO-1932 à Los Angeles, ce que la « cité des Anges » alors seule candidate, obtint en 1923.

Ce double vote serait-il opportun ? « Il permettrait à Thomas Bach d’être tranquille jusqu’à la fin (probable) de sa présidence en 2025 et cela résoudrait provisoirement le manque de candidatures aux JO d’été », analyse Jean-Loup Chappelet, professeur l’Université de Lausanne et spécialiste du Mouvement olympique.

Une double désignation « est tout à fait possible si le groupe de travail des 4 vice-présidents le recommande et si cette recommandation est votée avant la décision avec l’accord tacite des deux villes candidates », ajoute M. Chappelet. « Il faudra ensuite un vote pour savoir quelle ville obtient les JO-2024 et ceux de 2028 ».

Ce double vote est « totalement le genre d’idée et d’initiative stratégique que le CIO doit embrasser », a estimé M. Wasserman samedi dans un entretien à l’AFP, tout en rappelant que comme Paris, la cité californienne n’est candidate « que pour 2024 ».

– 10 minutes pour convaincre –

Mardi, place à dix minutes de grand oral devant les fédérations, suivi de cinq minutes de questions réponses

« L’objectif, c’est de présenter le projet aux fédérations internationales et de leur montrer que l’on est des bons partenaires », explique Estanguet.

« On est une équipe qui vient du sport, qui connaît les Jeux, qui a cette expertise et l’on a tout pour réussir le projet d’un point de vue des attentes des fédérations internationales », ajoute le triple champion olympique de canoë.

Tour à tour, Estanguet, Anne Hidalgo et Etienne Thobois, directeur général du comité de candidature vont prendre la parole. Seul absent côté parisien, le coprésident Bernard Lapasset qui se remet d’une petite intervention chirurgicale.

Même traitement pour Los Angeles-2024 qui comme Paris, déplace une délégation de 12 personnes, dont son président Casey Wasserman, sa coprésidente et ancienne nageuse multimédaillée, Janet Evans, et le maire Eric Garcetti.

Pour le CIO, les deux projets sont au coude-à-coude. La commission d’évaluation a achevé jeudi un premier examen des deux projets et a vanté « la créativité des deux villes et relevé l’accent important placé par les deux candidates sur l’héritage post-olympique ».

 Source : www.rfi.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE