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C’est une petite avancée sur la voie de la réconciliation nationale à Madagascar. Cette semaine, le Conseil des ministres a procédé à la nomination des membres qui auront la charge de former le Conseil de réconciliation nationale (CFM) d’ici les prochains mois. Un Conseil qui doit sa création à un article inscrit dans la feuille de route de sortie de crise de 2011.

A Madagascar, le processus de réconciliation suit son bonhomme de chemin. Après l’adoption de la loi sur la réconciliation nationale en décembre dernier, les neuf membres du comité de sélection national ont été nommés en Conseil des ministres. Ces 9 « sages », comme ils sont déjà appelés, ont été choisis pour leur intégrité, leur lieu d’origine et leurs parcours très différents les uns des autres (avocat, professeur, ex-ministre, général retraité, pasteur, magistrat).

Ils auront à sélectionner 22 des 33 membres qui constitueront le fameux CFM, le « Conseil du Fampihavanana Malagasy » ou « Conseil de réconciliation nationale ». Les 11 autres membres permanents seront nommés par le président de la République. « On va jouer le rôle de filtre », explique Colette Vaohita, ancienne ministre de l’Environnement, encore toute surprise d’avoir été choisie pour cette tâche.

Pour rappel, le CFM sera le seul compétent pour statuer sur les demandes d’amnistie notamment pour les crimes économiques, sur les demandes de réparation des dommages et préjudices causés aux victimes des faits liés aux évènements politiques de 2002 jusqu’à janvier 2014, date de fin de la Transition.

Toutefois, une question s’impose : à un an et demi d’un scrutin présidentiel et législatif, est-ce le meilleur moment pour lancer l’ensemble des travaux sur la réconciliation nationale ? Oui, répondent certains observateurs pour qui ce CFM pourra ériger des barrières en cas de crise préélectorale. Pas du tout, répondent d’autres, pour qui le contexte de tensions politiques actuelles ne peut qu’être exacerbé : avec deux ex-présidents qui pourraient tout deux briguer un second mandat à la présidentielle de 2018, « le risque de mettre hors course l’opposition est plus que jamais réel ».

Source: www.rfi.fr

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