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Le correspondant de RFI en langue haoussa au Cameroun Ahmed Abba risque la prison à perpétuité. La justice militaire l’a déclaré coupable de non-dénonciation de terrorisme et blanchiment du produit d’un acte terroriste. Deux des trois chefs d’accusation qui pesaient contre lui. Dans un communiqué, la direction de RFI dit espérer sa libération.

Ahmed Abba a été blanchi de l’accusation d’apologie du terrorisme. Grâce aux copies des travaux réalisés pour RFI qui montrent que contrairement à ce qu’avançait l’accusation, le journaliste n’a pas utilisé la radio pour faire l’apologie de Boko Haram.

Les juges ont en revanche estimé que le correspondant de RFI en langue haoussa était coupable de non-dénonciation et blanchiment du produit d’un acte terroriste. Cette dernière charge est la plus lourde. La loi prévoit la prison à perpétuité. C’est d’ailleurs la peine requise par le procureur. Mais les avocats répètent qu’il n’existe aucune preuve contre Ahmed Abba, aucun produit pouvant alimenter l’accusation de blanchiment. Depuis le début du procès, ils réclamaient l’acquittement du journaliste. Les juges se prononceront lundi prochain.


■ Communiqué de RFI

Dans un communiqué, la direction de RFI se dit de nouveau persuadée de l’innocence d’Ahmed Abba et espère sa libération à l’issue du verdict final.

« Lors de l’audience de ce jeudi 20 avril devant le tribunal militaire de Yaoundé, Ahmed Abba, le correspondant de RFI en haoussa au Cameroun, a été reconnu non coupable d’apologie du terrorisme.

En revanche, contre toute attente, la Cour l’a reconnu coupable de « blanchiment de produits du terrorisme » et « non-dénonciation d’actes terroristes ». Le commissaire du gouvernement, s’appuyant sur certains éléments factuellement erronés, a requis la prison à vie.

Pour sa défense, les avocats d’Ahmed Abba ont dû rappeler les conditions nécessaires à l’exercice de son métier de journaliste, tout en réaffirmant qu’il n’y a aucune preuve contre Ahmed Abba dans ce dossier.

Après 3 heures de délibérations, le verdict a été reporté au lundi 24 avril.

La Direction de RFI est plus que jamais persuadée de l’innocence d’Ahmed Abba. Elle espère vivement que le verdict final permettra lundi sa remise en liberté après 632 jours de détention. »

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