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Avec une situation politique qu’ils jugent délétère au Sénégal, des prêtres sénégalais affichent des craintes.

Un mois après l’arrestation et l’incarcération du maire de Dakar, le climat électrique qui règne actuellement dans le milieu politique sénégalais ne laisse personne indifférent, à commencer par les religieux.

Khalifa Sall a été placé sous mandat de dépôt le 5 mars dernier pour détournement présumé de fonds publics et association de malfaiteurs.

Après le porte-parole du calife des Tidjanes, qui a demandé aux députés de travailler dans la paix, l’Église catholique de Dakar invite à son tour les politiques à ne pas tomber dans les règlements de comptes et à travailler pour que les populations puissent faire leur choix en âme et conscience lors des prochaines élections municipales.

« J’ai peur que les développements actuels traduisent un recul démocratique dans notre pays », s’inquiète Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar. Pour lui, le plus important est d’éviter les règlements de comptes politiques et de respecter les lois démocratiques. « Il faut aller aux élections à la loyale et laisser le peuple souverain faire son choix. Si cette démarche est respectée, on se donnera les moyens de vivre en paix dans ce pays ».

Comme leur archevêque, les prêtres du diocèse ressentent cette inquiétude et pointent la mauvaise pente que prend le pays. « Parfois, pour des raisons personnelles, on agit dans un tel ou tel autre sens, même si ça doit écorner l’image de la démocratie. C’est en cela que l’appel de l’archevêque de Dakar est pertinent. De temps en temps, il faut appeler à l’apaisement, surtout quand on perçoit la tension dans ce champ politique », souligne l’abbé Joseph Gning, curé de la paroisse Sacré-Cœur de Dakar.

« Si on laisse faire, le pire peut arriver demain »

Abondant dans le même sens, le curé de la paroisse Sainte Agnès de Rufisque appelle « à plus de justice dans le milieu politique », et salue lui aussi la déclaration de Mgr Ndiaye. « Il faut alerter, parce que si on laisse faire, le pire peut arriver demain. Et nous seront coupables d’avoir laissé faire », complète l’abbé Stanislas Diouf qui trouve normal que la gestion, notamment de l’argent public, soit contrôlée.

Estimant que ces affaires ne sont pas liées à des appartenances religieuses, le prêtre invite les grands marabouts à ne pas protéger les fautifs. « Car c’est cela qui amène également la tension », pense-t-il.

Un autre de ses confrères estime qu’on laisse souvent pourrir la situation. « Je pense que Mgr Benjamin Ndiaye devrait parler très souvent de cette manière. Parce que ce sont les petits effets qui conduisent aux grands », estime ce vicaire d’une paroisse. Sa crainte est d’autant plus grande que le Sénégal se dirige vers des élections législatives le 30 juillet prochain.

Source : www.seneweb.com

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